À la suite d’une concertation régionale menée auprès de ses membres et partenaires, la Table de concertation des aînés et retraités de l’Outaouais (TCARO) a émis des recommandations claires en lien avec deux enjeux majeurs : le maintien à domicile des personnes aînées et l’épuisement des proches aidants.
Les constats sont sans équivoque. Les délais d’attente sont trop longs — jusqu’à 18 mois — ce qui engendre des risques accrus de dégradation de l’état de santé des aînés, et ce, tant sur le plan physique que mental. L’incohérence et la complexité des programmes de soutien financier compliquent encore davantage l’accès aux services. Parallèlement, les proches aidants, souvent laissés à eux-mêmes, subissent une charge physique, émotionnelle, sociale et financière considérable.
Ces recommandations, émanant du terrain, appellent à des actions immédiates et structurantes. Investir dans le maintien à domicile et dans le soutien aux proches aidants, c’est choisir une société plus humaine, solidaire et équitable.

Il est urgent d’augmenter les ressources humaines et de mettre en place des équipes mobiles d’intervention. Une réponse rapide et adaptée est nécessaire, surtout pour les personnes vivant en régions rurales ou isolées.

La mise sur pied d’un guichet unique pour l’ensemble des services de soutien permettrait une meilleure coordination et une navigation facilitée pour les usagers comme pour les intervenants.

L’accès à des services de répit, de formation, de soutien psychosocial et à des mesures de reconnaissance financière est primordial. Le crédit d’impôt pour proche aidant doit être revu et étendu aux aidants de personnes âgées de 65 ans et plus (et non seulement 70 ans).
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Une stratégie régionale intégrée, planifiée sur le long terme, est nécessaire pour répondre efficacement aux besoins des personnes en perte d’autonomie. Cette planification doit inclure les aînés eux-mêmes et les organisations qui les représentent.

Mieux reconnaître socialement le rôle des proches aidants, les soutenir dans leur mission, et promouvoir une culture de solidarité intergénérationnelle constituent des actions essentielles pour renforcer la cohésion sociale.
En février 2023, la Table de concertation des aînés de la région de l’Outaouais (TCARO) et la Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec (CTRCAQ) ont organisé une rencontre de concertation à Gatineau. Cette initiative, financée par le gouvernement fédéral, visait à identifier les défis vécus par les aînés immigrants et à proposer des solutions concrètes.
Cette concertation a également permis de créer des liens entre les acteurs du milieu et de dégager des pistes d’action concrètes. L’amélioration de l’intégration, de l’accessibilité et du soutien psychologique des aînés issus des communautés ethnoculturelles nécessite une collaboration continue entre les organismes, les municipalités et le réseau de la santé.
L’enjeu de l’intégration regroupe les difficultés que peuvent éprouver les aînés issus de l’immigration à s’adapter au Québec, à la langue française et à notre système médical notamment, mais aussi à l’isolement que plusieurs vivent et la difficulté qu’ils rencontrent pour participer pleinement à la vie sociale.
L’enjeu couvre l’accès au transport, aux loisirs, à la nutrition, aux finances, et au logement.
L’enjeu de l’aspect psychologique concerne la maltraitance, la violation des droits, et la détresse psychologique.
Le 16 avril 2025, 12 participants ont pris part à la formation « Pour que vieillir soit gai », offerte par la Fondation Émergence, en collaboration avec la TCARO. Nous avons entre autres pu compter sur la participation d’une policière communautaire, de représentantes des résidences Chartwell, de l’attaché politique de la mairesse, d’une conseillère municipale, et d’une représentante de Services aux aînés des Collines. Suite aux différents échanges qui ont découlé de cette rencontre, des enjeux ont été soulevés et plusieurs solutions ont été proposées.
Il est également important de mentionner que les statistiques indiquent qu’environ 10 % de la population s’identifie comme LGBTQ+. Pourtant, parmi nos aînés, cette réalité demeure largement dans l’ombre. Cette invisibilité n’est pas accidentelle — elle résulte d’un parcours de vie marqué par la discrimination, le rejet et la stigmatisation. Nombre de ces personnes ont vécu la majeure partie de leur existence à une époque où leur identité était criminalisée ou pathologisée, les contraignant à dissimuler une part essentielle d’elles-mêmes.